MALI : DE LA FÉDÉRATION DU MALI À L’INDÉPENDANCE, 66 ANS D’HISTOIRE POLITIQUE


22 septembre 2026 - 87 vues

De la Fédération du Mali à la République du Mali, de Modibo Keïta à la transition dirigée par Assimi Goïta, le pays a traversé plus de six décennies de bouleversements politiques, de périodes militaires, d’expériences démocratiques et de profondes transformations. À l’occasion de la fête nationale du 22 septembre, Radio Ylla revient sur quelques grandes étapes de cette histoire.

Aux origines : le projet de Fédération du Mali

Avant de devenir la République du Mali, le pays indépendant était au cœur d’un projet politique plus large. En 1959, le Soudan français et le Sénégal s’associent au sein de la Fédération du Mali, avec l’ambition de construire une entité ouest-africaine capable de prendre en main son destin à l’approche des indépendances.

La Fédération accède officiellement à l’indépendance de la France le 20 juin 1960. Elle est alors dirigée par Modibo Keïta, qui occupe la fonction de chef du gouvernement fédéral.

Mais l'expérience fédérale est de courte durée. Des désaccords politiques conduisent au retrait du Sénégal le 20 août 1960. Le 22 septembre, l'ancienne République soudanaise proclame à son tour son indépendance et adopte le nom de République du Mali.

Le 22 septembre devient ainsi la date fondatrice de l'État malien indépendant.

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Figure majeure de l'indépendance, Modibo Keïta devient le premier président du Mali. Il dirige le pays de 1960 à 1968.

Son pouvoir s'inscrit dans une volonté de construire un État souverain et de réduire la dépendance vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale. Mais son expérience politique prend fin le 19 novembre 1968, lorsqu'il est renversé par un coup d'État militaire dirigé par Moussa Traoré.

De Moussa Traoré à la chute du régime militaire

Moussa Traoré dirige le Mali pendant plus de deux décennies, d'abord à la tête du Comité militaire de libération nationale, puis comme président de la République.

Son régime prend fin en mars 1991 après un soulèvement populaire et un coup d'État conduit par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, qui ouvre la voie à une transition politique et au retour au pouvoir civil.

Cette période marque un tournant majeur dans l'histoire contemporaine du Mali.

La parenthèse démocratique

Après la transition, Alpha Oumar Konaré devient président en 1992. Historien et homme politique, il exerce deux mandats, jusqu'en 2002.

Son arrivée au pouvoir marque l'installation d'un nouveau cycle politique fondé sur le multipartisme et les institutions issues de la transition démocratique. Il est suivi en 2002 par Amadou Toumani Touré, lui-même acteur de la transition de 1991-1992.

ATT exerce deux mandats avant d'être renversé en mars 2012, dans un contexte marqué notamment par une nouvelle crise sécuritaire et politique.

2012 : une nouvelle rupture

L'année 2012 constitue un nouveau moment de rupture dans l'histoire malienne.

Après le renversement d'Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré assure la présidence de la transition jusqu'en 2013.

La même année, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, est élu président de la République. Réélu en 2018, il reste au pouvoir jusqu'au coup d'État du 18 août 2020, qui entraîne sa démission.

Depuis 2020 : le retour au premier plan des militaires

La période ouverte en 2020 est de nouveau dominée par une transition militaire.

Bah N'Daw devient président de transition en septembre 2020, avec Assimi Goïta comme vice-président. Après une nouvelle rupture politique en mai 2021, Assimi Goïta prend la tête de la transition.

En juillet 2026, les autorités maliennes présentent toujours Assimi Goïta comme président de la Transition et chef de l'État.

Cette période est marquée par une redéfinition des relations du Mali avec ses partenaires extérieurs et par une volonté affichée des autorités de renforcer la souveraineté nationale.

Une histoire faite de ruptures, mais aussi de continuités

De 1960 à aujourd'hui, l'histoire politique du Mali est ainsi jalonnée de plusieurs grandes séquences : l'indépendance sous Modibo Keïta, plus de deux décennies de régime militaire sous Moussa Traoré, la transition démocratique de 1991-1992, deux décennies de présidences civiles, puis le retour des militaires au pouvoir à partir de 2020.

La liste officielle des anciens chefs d'État publiée par la présidence malienne rappelle cette succession : Modibo Keïta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré, Ibrahim Boubacar Keïta et Bah N'Daw, avant la période actuelle dirigée par Assimi Goïta.

Le 22 septembre, une date au-delà de la politique

La fête de l'indépendance ne se résume toutefois pas à une succession de présidents ou de régimes. Elle renvoie à une histoire plus ancienne, à l'héritage des grands empires ouest-africains, à la mémoire de la lutte anticoloniale et à l'affirmation d'une identité nationale.

Soixante-six ans après la naissance de la République du Mali, le 22 septembre demeure donc un moment de mémoire et de réflexion sur le chemin parcouru.

De la courte expérience de la Fédération du Mali à la République actuelle, le parcours malien rappelle une réalité essentielle : l'histoire d'une nation ne se résume jamais à ses dirigeants. Elle appartient aussi à son peuple, à sa jeunesse, à sa diaspora et à toutes celles et ceux qui continuent de construire son avenir.

Bonne fête de l'Indépendance au peuple malien.

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Pour la Radio Ylla - Alpha BAH

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