28 septembre 2026 - 35 vues
À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République de Guinée, le webinaire « Trois générations, une même flamme » a réuni, lundi 28 septembre 2026, des doyens, des représentants de la diaspora, des acteurs associatifs, des entrepreneurs, des élus locaux et des jeunes autour d’une même ambition : transmettre l’héritage du passé pour mieux construire l’avenir.
Organisée autour du thème « S’inspirer du passé pour construire l’avenir : la jeunesse », cette rencontre en ligne a offert un espace de dialogue intergénérationnel consacré à la mémoire, à l’engagement citoyen, à la transmission et à la place de la jeunesse dans la construction de la Guinée.
Le rendez-vous a été initié par Audacity for Africa, en partenariat avec la Confédération Nationale des Jeunes Filles et Femmes pour le Développement Durable de Guinée (CNJF-DDG), Radio Ylla, l’ACTOG et le Phoenix International Club.
28 SEPTEMBRE 1958 : UNE DATE FONDATRICE DE L’HISTOIRE GUINÉENNE
Le choix du 28 septembre pour organiser cette rencontre n’est évidemment pas anodin.
Le 28 septembre 1958, les Guinéens étaient appelés à se prononcer sur le projet de Communauté française proposé par le général Charles de Gaulle. La Guinée fut alors le seul territoire d’Afrique francophone à voter « non », choisissant ainsi la voie de l’indépendance.
Ce vote historique sera suivi, quelques jours plus tard, par la proclamation de l’indépendance de la République de Guinée, le 2 octobre 1958, avec Ahmed Sékou Touré à la tête du nouvel État.
Le 28 septembre représente donc un moment fondateur : celui d'un choix politique qui allait inscrire la Guinée dans l'histoire des indépendances africaines.
Mais 68 ans plus tard, la commémoration invite également à poser une question essentielle : que fait-on aujourd'hui de cet héritage ?
C'est autour de cette interrogation que s'est construit le webinaire.
TROIS GÉNÉRATIONS, UNE MÊME FLAMME
Le titre de la rencontre résume son esprit : « Trois générations, une même flamme ».
Une flamme symbolisant la mémoire, mais également l'engagement et la responsabilité de transmettre.
Durant les échanges, les différentes générations représentées ont permis de croiser les expériences et les regards. D'un côté, la mémoire de celles et ceux qui ont connu ou étudié les grandes étapes de l'histoire guinéenne ; de l'autre, une jeunesse confrontée aux réalités contemporaines et appelée à imaginer de nouvelles réponses aux défis du pays.
Loin d'une simple célébration commémorative, la rencontre a ainsi placé la transmission au cœur du débat.
LES DOYENS : TRANSMETTRE L’EXPÉRIENCE
La présence d’Abdoulaye Yacine Sow, président de l’ACTOG – Association des Cadres et Techniciens Œuvrant pour la Guinée, a permis de rappeler l’importance de la mémoire et de l’expérience dans la construction collective.
Créée en 1986, l’ACTOG s’inscrit depuis plusieurs décennies dans une dynamique de mobilisation des compétences de la diaspora au service du développement de la Guinée.
À travers cette génération de cadres et de bâtisseurs, le webinaire a rappelé qu’une nation ne se construit pas uniquement avec des infrastructures ou des institutions. Elle se construit aussi avec une mémoire collective, des compétences et une capacité à transmettre.
DIASPORA, ASSOCIATIONS ET ENTREPRENEURIAT : DES FORCES À FÉDÉRER
La rencontre a également mis en lumière le rôle des Guinéens de la diaspora et des acteurs de la société civile.
Alpha Bah, entrepreneur social, fondateur de l’ONG Ylla, de Radio Ylla et du Fest’Ylla, Adama Rachel Camara, présidente fondatrice de Voix d’Enfants ASBL, ainsi que Kadia Sylla Moisson, directrice Afrique de Grant Alexander, présidente fondatrice d’Audacity for Africa et entrepreneure, ont apporté leurs regards et leurs expériences.
Leurs parcours illustrent la diversité des formes d'engagement : action sociale, entrepreneuriat, mobilisation associative, accompagnement des jeunes, création de passerelles entre la Guinée et sa diaspora.
Une diversité qui pose une question centrale : comment mieux transformer cette énergie dispersée en force collective au service du développement ?
LA JEUNESSE AU CŒUR DES ÉCHANGES
La jeunesse occupait une place particulière dans cette rencontre.
Oumar Siré Cissé, directeur communal du Plan et du Développement économique de Sonfonia, Assiatou Bah, conseillère communale de Tombolia et secrétaire générale du Phoenix International Club, Moustapha Soumah, 5ᵉ vice-maire de Tombolia chargé de la Jeunesse, du Sport, de l’Art et de la Culture, ainsi que Paul Levêque, élève en Terminale S et membre de l’association « Ensemble pour le Nimba », ont représenté différentes facettes de cette nouvelle génération.
Développement local, action communale, engagement associatif, culture, éducation et citoyenneté : autant de domaines dans lesquels les jeunes ne sont pas simplement appelés à prendre le relais.
Ils sont déjà des acteurs du présent.
C'est l'un des messages forts de cette rencontre : donner davantage de place à la jeunesse signifie aussi lui faire confiance, l'écouter et lui permettre de participer concrètement aux décisions et aux projets qui concernent son avenir.
UNE OUVERTURE SOUS LE SIGNE DE LA REPRÉSENTATION DIPLOMATIQUE
Le webinaire a également bénéficié du soutien et de l'accompagnement de l'Ambassade de la République de Guinée en France.
Le mot d'ouverture a été prononcé par M. Abdoulaye Keita, Premier Conseiller chargé des Affaires économiques, représentant Son Excellence M. Aboubacar Sidiki Camara, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée en France.
Les échanges ont été modérés par Mme Fanta Bayo Levêque, secrétaire générale de l’ACTOG.
Cette participation institutionnelle a contribué à donner à la rencontre une dimension supplémentaire, en rapprochant acteurs associatifs, diaspora, institutions et nouvelles générations.
DE L’INDÉPENDANCE À LA RESPONSABILITÉ
Le principal enseignement de ce rendez-vous est peut-être là : commémorer l'indépendance ne signifie pas seulement célébrer une date historique.
C'est aussi interroger ce que chaque génération fait de l'héritage reçu.
En 1958, une génération de Guinéens a posé un acte historique en choisissant l'indépendance. En 2026, les générations actuelles sont confrontées à une autre responsabilité : transformer cet héritage en projets, en compétences, en solidarité et en perspectives pour la jeunesse.
La mémoire n'a de sens que lorsqu'elle nourrit l'action.
Et la transmission ne consiste pas seulement à raconter aux jeunes ce que les générations précédentes ont accompli. Elle consiste aussi à leur donner les moyens de faire à leur tour, avec leur époque, leurs outils et leurs propres ambitions.
UNE FLAMME À TRANSMETTRE, UN AVENIR À CONSTRUIRE
À travers « Trois générations, une même flamme », les organisateurs ont voulu créer un pont entre passé, présent et avenir.
Un doyen pour transmettre son expérience.
Un membre de la diaspora pour partager son engagement.
Un entrepreneur pour créer des opportunités.
Un acteur associatif pour agir sur le terrain.
Un élu local pour contribuer au développement de sa communauté.
Un jeune pour porter une nouvelle vision.
Au fond, la rencontre aura rappelé que l'avenir de la Guinée ne se construira ni par une génération seule, ni par un territoire isolé.
Il se construira par la capacité des générations à dialoguer, à apprendre les unes des autres et à unir leurs forces.
Trois générations, plusieurs parcours, une même flamme : celle d'une Guinée qui se souvient de son histoire, assume les défis de son présent et regarde vers son avenir.
Radio Ylla – La Voix Afro de Strasbourg
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Pour la Radio Ylla - Alpha BAH
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